La Nuit sacrée I 
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     Tahar Ben Jelloun est le premier écrivain arabo-africain couronné par le prix préstigieux Prix Goncourt, qui lui a été décerné en 1987.  Il dit qu’il “essaie de rapprocher peuples et cultures avec ce que je sais faire.”  Selon Jeune Afrique, il essaie de rapprocher peuples et cultures “avec des poèmes, des pièces de théâtre (La Fiancée de l’eau. 1984)), des essais (Hospitalité française – Le Seuil 1984), des romans, des articles dans divers journaux dont Le Monde et Jeune Afrique, autant de genres d’écriture qui s’imposent comme des cris, des appels en faveur des hommes et des femmes dépossédés de leurs racines et de leur identité.  Ses thèmes, l’immigration, la Palestine, les démunis – dans lesquels l’écrivain s’investit avec tout son imaginaire, sa folie et ses rêves” (1403, p. 22).

     La nuit sacrée, c’est la nuit du destin qui, selon Le Coran “est le moment où Dieu fixe la destinée annuelle de chacun.  Dans le Coran on parle du livre des destinées, livre symbole de la présence divine, mais c’est une tradition que l’on retrouve dans le Talmud et dans la Bible et qui était déjà présente chez les Babyloniens selon lesquels Mardux, la divinité écrivait, une fois l’an, sur des tablettes, le destin de chaque individu” (Zappalà 99).

     La Nuit sacrée fait suite à L’Enfant de sable.  Un conteur populaire au début de L’Enfant de sable (les conteurs populaires racontaient leurs histoires sur les places publiques) raconte l’histoire d’une fille que son père travestit en garçon puisque, selon la tradition sociale musulmane au Maroc, sans fils, il perdrait l’héritage familial qu’il a reçu comme frère aîné.  Sans fils, il serait humilié.  Ce conteur “va perdre peu à peu le contrôle de son récit.”  Il sera “dévoré par ses phrases” et son récit migrera “d’un narrateur  à un autre, en se contredisant, sans dénouement possible, devenant récit labyrinthique avant d’être repris par un narrateur anonyme, le ‘troubadour aveugle’…” (Gontard).

      Sur la place de Marrakech, la conteuse de La Nuit sacrée raconte sa vie après que son père mourant la libérée de son travestissement en utilisant les mots presque du Coran  pendant la nuit du destin (la nuit sacrée).   

     *Marrakech:  618,000 habitants “Remparts, nombreux minarets dont la Koutoubia (XIIe s.), palais, tombeaux des Saadiens.  Place Djemáa el-Fna, souks (bazars), jardins (Agdal, Menara).  Centre commercial et touristique.   Artisanat.  Indus. Agricoles” (Le Petit Robert:  Dictionnaire illustré des noms propres).

      Le Maroc:  capital, Rabat; langues: arabe (off.), berbère, français et espagnol;  religion, “musulmanes sunnites de rite malékite”; histoire:  698, début de la domination arabe et de la conversion des tribus berbères à l’islam; 1830-1912 Pénétration européenne; 1864, s’ouvre au commerce, rivalité commerciale entre la Grande-Bretagne, l’Espagne, la France et, en 1890, l’Allemagne; 1912-1956 protectorat français, modernisation du pays, contrôle des anciens pouvoirs locaux par les Français, “domination européenne renforcée par l’arrivée massive de colons,. . . de nombreuses révoltes nationalistes et de répressions françaises;  après la perte de l’Indochine et l’insurrection algérienne (1954), le gouvernement français cherche une solution politique, et l’indépendance est accordée au Maroc en 1956; depuis, une monarchie; Le roi Hassan II depuis 1961; pendant bien des années, lutte avec l’Algérie et la Libye à propos du Sahara; en 1988, élections, levée de la censure; accords privilégiées avec la Communauté économique européenne (Le Petit Robert:  Dictionnaire illustré des noms propres).

 

*1.  “Préambule”  5-7  Selon la vieille narratrice, quelles sont les significations possibles de ses rides?  Pourquoi raconte-t-elle son histoire? Selon elle, raconte-t-elle la vérité?  Expliquez bien votre réponse.  Lisez bien ces deux pages.  La réponse n'est pas évidente? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Chapitre 1, “Etat des lieux” 9-21  L'Etat des lieux, c'est l'état ("condition") de la vie sur une place publique à Marrakech, mais aussi l'état de la narration de ce roman.
a.  Décrivez ce qui se passe sur la place?

 

 

 

 

 

 

 

*b. Quelle différence la narratrice établit-elle entre sa version de son histoire et la version du conteur, Bouchaïb?  

 

   

 

 

3.Chp. 2, “La Nuit du Destin”
*a.
Qu'est-ce que la confession du père révèle sur l'état et l'identité des femmes dans certaines familles islamiques? 

 

 

 

 

 

 

*b.  Comment expliquer l'obsession de la vérité chez la conteuse?

 

 

 

 

 

 

 

4.  Chp. 3  "Une très belle journée"

 *a.32-34 Pourquoi l'auteur fait-il mourir le père pendant la nuit sacrée et juste avant qu'il fasse jour?  Etant donné la situation du protagoniste, pourquoi la nuit sacrée est-elle à la fois horrible pour ceux qui s'accrochent à l'argent et à l'illusion et libératrice pour ceux qui n'ont que le temps?

 

 

 

 

 

* b.  36 Comment et pourquoi les actions de la protagoniste dans le mosqué lui donnent-elles un sentiment de revanche?

 

 

 

 

 

 

 

*c. 33-37  Quel contraste la conteuse établit-elle entre la vie et la mort dans ce passage?  Expliquez-le.  Pourquoi appelle-t-elle cette journée "une très belle journée"?