Mallarmé et Valéry

A.  Crise de Vers

 “Je dis: une fleur! et, hors de l'oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d'autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l'absente de tous bouquets.”

“aucun” (sans “ne”) = any
”sus” = known
”en tant que” =  as
”calices” = petals

“L’absente de tous bouquets” est le sujet de “se lève.”

1.  Quand le poète dit “une fleur,” qu’est-ce que sa voix fait avec tout contour de la fleur?

 

 

2.  Qu’est-ce qui se lève hors de cette action?

 

 

3.  Pourquoi fait-il cette action (“en tant que . . .sus”)

 

 

 

 

 

 

4.  Interprétez ce que le poète veut exprimer par le mot “fleur” et donc par sa poésie, c’est-à-dire  “idée même et suave, l’absente de tous bouquets”?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B.  “Le Vierge, le Vivace, et le bel aujourd’hui”

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

1.  Le sujet du verbe principal “va. . . déchirer” est “aujourd’hui.”  Notez que le poète parle du futur (“va déchirer”) et du passé “n’ont pas fui.”  En plus, il  parle de “nous.”  Qu’est-ce qu’il dit du moment présent de nos vies?  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

2.  Le cygne se réfère littéralement à un “swan” et figurativement (c’est un homophone) à un “signe.”  Par conséquent, le personnage principal, l’oiseau, se réfère figurativement au langage qui, au présent, se souvient de lui-même au présent (“aujourd’hui”), comme si nous ne pouvons jamais parler de notre moment présent (être conscients de nous-mêmes) que par le souvenir, comme si le présent pour  nous est toujours un passé, pris dans le glacier du passé.  Et puisque c’est un cygne/signe “d’autrefois,” c’est comme si l’acte de parler de notre présent n’arrive jamais dans le présent.  C’est toujours trop tard de dire ce que nous sommes ou faisons maintenant.

a.  Dans les trois derniers vers, comme dans le premier vers, le poète essaie de raconter ce que le cygne/signe fait dans le présent.  Le cygne/signe magnifique “sans espoir se délivre.”  Interprétez  ces mots par rapport à la situation du cygne et du signe décrite dans la première strophe.  Qu’est-ce que l’oiseau fait ?  Qu’est-ce que  le signe fait ? 

 

 

 

 

 

 

 

b.  Pourquoi le cygne/signe (et nous) se delivre-t-il sans espoir?
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

3.  Quand le cygne/signe essaie de voler/signifier quel en est l’obstacle pour le cygne et pour le signe ?   Quel est le résultat de son effort ?

 

 

 

 

 

 

 

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.

4.  Qu’est-ce qui reste du cygne et du signe quand
le cygne se délivre sans espoir?  Quelle en est leur réaction? 

 

 

 

 

 

 

 

5.  Le cygne/signe est exilé de son action présente qu’il ne peut pas connaître ni dire.  Pourquoi cet exil est-il  « inutile » ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C.  Valéry « Les grenades »

Dures grenades entr'ouvertes
Cédant à l'excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes!

Une grenade (“pomengranate”) est pleine de graines très rouges.  Quand elle très mûre, elle éclate (explose).

1.  Qu’est-ce que le poète “croit voir” quand il voit une grenade en train d’éclater?  Interprétez cette comparaison.

 

 

 

 

 

 

 

 

2.  Le poète fait une comparaison, mais il dit qu’il “croi[t]  voir des fronts souverains.”  Comment “crois voir” change-t-il notre interprétation de la comparaison?

 

 

 

 

 

3.  Interprétez les sons aux rimes par rapport à votre interprétation de la strophe.

 

 

 

 

 

 

Si les soleils par vous subis,
O grenades entre-bâillées,
Vous ont fait d'orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,

Et que si l'or sec de l'écorce
A la demande d'une force
Crève en gemmes rouges de jus,

4.  Interprétez ce que le poète dit indirectement des “fronts souverains éclatés de leurs découvertes”en parlant de l’effet des soleils sur les grenades et de leur  éclatement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j'eus
De sa secrète architecture.

5. Qu’est-ce que “cette lumineuse rupture” dit de la “secrète” architecture du “front souverain” du poète?  Le poème peut-il dire la vérité de cette architecture secrete?  Pourquoi?