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Sartre
Philosophie

Sartre, Jean-Paul.  L’être et le néant : essai d’ontologie phenoménologique.  Paris :  Gallimard, 1943.

---.  Being and Nothingness :  An Essay on Phenomenological Ontology.  Secaucus, N.J.:  Citadel Press, 1964. 

---.   L’Existentialisme est un humanisme.  Paris : Nagel, 1968. 

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1.  Lectures I

L’existence précède l’essence :

La notion traditionnelle que l’essence précède l’existence :   « lorsqu’on considère un objet fabriqué, comme par exemple un livre ou un coupe-papier, cet objet a été fabriqué par un artisan qui s’est inspiré d’un concept ; il s’est référé au concept de coupe-papier. . . Nous dirons que, pour le coupe-papier, l’essence – c'est-à-dire l’ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir – précède l’existence ; et ainsi la présence, en face de moi, de tel coupe-papier ou de tel livre est déterminée » (17-18).  « Lorsque nous convenons un Dieu créateur, ce Dieu est assimilé la plupart du temps à un artisan supérieur ; et . . . nous admettons toujours que la volonté suit plus ou moins  l’entendement, ou tout au moins l’accompagne, et que Dieu, lorsqu’il crée, sait précisément ce qu’il crée.  Ainsi, le concept d’homme, dans l’esprit de Dieu, est assimilable au concept de coupe-papier ;  et Dieu produit l’homme suivant des techniques et une conception, exactement comme l’artisan fabrique un coupe-papier suivant une définition et une technique. . . L’homme est possesseur d’une nature humaine ; cette nature humaine, qui est le concept humain, . . . ce qui signifie que chaque homme est un exemple particulier d’un concept universel, l’homme (19-20).  [essence, formes platoniques]

          La notion existentialiste que l’existence précède l’essence : « L’existentialisme athée . . . déclare que si Dieu n’existe pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c’est l’homme.  . . . Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ?  Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. . . . [I]l sera tel qu’il se sera fait. . . .L’homme est seulement, non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence ; l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. . . .  C’est . . . ce qu’on appelle la subjectivité » (21-22) Subjectivisme veut dire . . . impossibilité pour l’homme de dépasser la subjectivité humaine » (24-25)

Le cogito : « il ne peut pas y avoir de vérité autre, au point de départ, que celle-ci : je pense donc je suis, c’est là la vérité absolue de la conscience s’atteignant elle-même » (64). [Acte de penser donne l’être à l’homme, mais Il faut continuer à agir pour continuer à être.]

Les autres : « l’homme qui s’atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres, et il les découvre comme la condition de son existence.  Il se rend compte qu’il ne peut rien être . . . sauf si les autres le reconnaissent comme tel. . . .

[Le suivant est difficile.  Je l’expliquerai en classe.  Il suffit de dire que la reconnaissance par l’autre est impossible, donc il est impossible d’être quelqu’un aux yeux des autres ou à ses propres yeux.  Il ne reste que d’exister à travers ses actions.]

La Reconnaissance : Dans L'être est le néant, Sartre se réfère à la dialectique du philosophe Hegel pour expliquer ce qui arrive quand nous cherchons la reconnaissance d’un autre: « La valeur de la reconnaissance de moi par l'autre dépend de celle de la reconnaissance de l'autre par moi.  En ce sens, dans la mesure où l'autre me saisit comme lié à un corps et immergé dans la vie, je ne suis moi-même qu’un autre.   Pour me faire reconnaître par l’autre, je dois risquer ma propre vie.  Risquer sa vie, en effet, c’est se révéler comme non lié à la forme objective ou à quelque existence déterminée ; comme non lié à la vie.  Mais, en même temps je poursuis la mort de l’autre.  Cela signifie que je veux me faire médier par un autre qui soit seulement autre, c’est-à-dire par une conscience dépendante, dont le caractère essentiel est de n’exister que pour un autre. Cela se produira dans le moment même où je risquerai ma vie car j’ai fait, dans la lutte contre l’autre, abstraction de mon être sensible en le risquant ; l’autre, au contraire, préfère la vie à la liberté en montrant ainsi qu’il n’a pas pu se poser comme non lié à la forme objective.  Il demeure donc lié aux choses externes en général ; il m’apparaît et s’apparaît comme inessentiel.  Il est l’Esclave et je suis le Maître ; pour lui c’est moi qui suis l’essence.  . . . mais cette reconnaissance unilatérale et inégale est insuffisante, car la vérité de sa certitude de soi est pour le maître conscience inessentielle ; il n’est donc pas certain de l’être pour soi en tant que vérité.  Pour que cette vérité soit atteinte, il faudra « un moment dans lequel le maître fasse vis-à-vis de soi ce qu’il fait vis-à-vis de l’autre et où l’esclave fait vis-à-vis de l’autre ce qu’il fait vis-à-vis de soi.  A ce moment paraîtra la conscience de soi générale qui se reconnaît dans d’autres consciences de soi et qui est identique avec elles et avec elle-même » (275-77). 

« la découverte de mon intimité me découvre en même temps l’autre, comme une liberté posée en face de moi, qui ne pense, et qui ne veut que pour ou contre moi.  Ainsi, découvrons-nous tout de suite un monde que nous appellerons l’intersubjectivité, et c’est dans ce monde que l’homme décide ce qu’il est et ce que sont les autres » (L’Existentialisme est un humanisme 67).

1.  En vos propres mots, en pensant à des actions de votre propre expérience de la vie, essayez d’expliquer ce que  Sartre veut dire par « l’existence, » « la subjectivité », et « l’intersubjectivité ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Lectures II

Le projet : « L’homme est d’abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l’avenir.  L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement »  « l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être.  Non pas ce qu’il voudra être.  Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c’est une décision consciente, et qui est pour la plupart d’entre nous postérieure à ce qu’il s’est fait lui-même.  Je peux vouloir adhérer à un parti, écrire un livre, me marier, tout cela n’est qu’une manifestation d’un choix plus originel, plus spontané que ce qu’on appelle volonté » (23-24)

La réalité : « il n’y a de réalité que dans l’action. . .  l’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie. »  (55) « il n’y a pas d’amour autre que celui qui se construit . . . il n’y a pas de génie autre que celui qui s’exprime dans des œuvres d’art » (56-7).

Le choix  et le choix de tous les hommes: «l’homme se choisit . . . il . . . crée une image de l’homme tel que nous estimons qu’il doit être » (27). « quand nous disons que l’homme se choisit, nous entendons que chacun d’entre nous se choisit, mais par là nous voulons dire aussi qu’en se choisissant il choisit tous les hommes » (24).  « on choisit en face des autres, et on se choisit en face des autres » (66-67). « ce que nous choisissons, c’est toujours le bien, et rien ne peut être bon pour nous sans l’être pour tous. »  « Le choix est possible dans un sens, mais ce qui n’est pas possible, c’est de ne pas choisir » (73). «chaque fois que l’homme choisit son engagement et son projet en toute sincérité et en toute lucidité, quel que soit par ailleurs ce projet, il est impossible de lui en préférer . . . . l’homme est toujours le même en face d’une situation qui varie et le choix reste toujours un choix dans une situation » (79)

     « l’existentialiste, lorsqu’il décrit un lâche, dit que ce lâche est responsable de sa lâcheté. » (59) ; « il s’est construit comme lâche par ses actes » (60). « il y a toujours une possibilité pour la lâche de ne plus être lâche, et pour le héros de cesser d’être un héros.  Ce qui compte, c’est l’engagement total, et ce n’est pas un cas particulier, une action particulière, qui vous engagent totalement » (62).

Liberté : « l’homme est liberté. . . . Nous sommes seuls, sans excuses. . . .l’homme est condamné à être libre.. . . parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait.  L’existentialiste ne croit pas à la puissance de la passion.  Il ne pensera jamais qu’une belle passion est un torrent dévastateur qui conduit fatalement l’homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse.  Il pense que l’homme est responsable de sa passion » (37-38). « Nous sommes seuls, sans excuses » (37).  « l’homme déchiffre lui-même le signe comme il lui plaît.  [L’Existentialiste] pense donc que l’homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l’homme » (38). « il y a un avenir à faire, un avenir vierge qui l’attend, alors ce mot est juste » (39).  Mais alors, on est délaissé [abandonné » (38-39).  « je ne peux vouloir que la liberté des autres » (84). [Lui est Simone de Beauvoir]

la morale : «Il n’y a pas de morale générale » ; « Aucune morale générale ne peut vous indiquer ce qu’il y a à faire : il n’y a pas de signe dans le monde» (47).

Les valeurs : « si j’ai supprimé Dieu le père, il faut bien quelqu’un pour inventer les valeurs. »  « la vie n’a pas de sens, a priori.    Avant que vous ne viviez, la vie, elle, n’est rien, mais c’est à vous de lui donner un sens, et la valeur n’est autre chose que ce sens que vous choisissez » (89)

Le sentiment : « le sentiment se construit par les actes qu’on fait ; je ne puis donc pas le consulter pour me guider sur lui.  Ce qui veut dire que je ne puis ni chercher en moi l’état authentique qui me poussera à agir, ni demander à une morale les concepts qui me permettront d’agir.  . . . si vous cherchez un conseil auprès d’un prêtre, par exemple, vous avez choisi ce prêtre, vous saviez déjà au fond, plus ou moins, ce qu’il allait vous conseiller.  Autrement dit, choisir le conseilleur, c’est encore s’engager soi-même» (45-46).

Le désespoir : « Elle veut dire que nous nous bornerons à compter sur ce qui dépend de notre volonté, ou sur l’ensemble des probabilités qui rendent notre action possible » (49).

2.  Que Sartre dit-il de l’action, du choix, et de la liberté ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Lectures III 

Responsabilité : « Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est.  Ainsi, la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur la responsabilité totale de son existence.  Et quand nous disons que l’homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l’homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu’il est responsable de tous les hommes (24-25).

Engagement : « notre responsabilité est beaucoup plus grande que nous ne pourrions le supposer, car elle engage l’humanité entière.  . . . Et si je veux, fait plus individuel, me marier, avoir des enfants, même si ce mariage dépend uniquement de ma situation, ou de ma passion, ou de mon désir, par là j’engage non seulement moi-même, mais l’humanité tout entière sur la voie de la monogamie. Ainsi je suis responsable pour moi-même et pour tous, et je crée une certaine image de l’homme que je choisis ; en me choisissant, je choisis l’homme» (26-27). 

L’angoisse : «l’homme est angoisse.  Cela signifie ceci : l’homme qui s’engage et qui se rend compte qu’il est non seulement celui qu’il choisit d’être, mais encore un législateur choisissant en même temps que soi l’humanité entière, ne saurait échapper au sentiment de sa totale et profonde responsabilité» (28).

« La condition humaine » et « la situation » : « il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle qui serait la nature humaine, il existe pour une universalité humaine de condition » (67).    « Pour nous  . . . l’homme se trouve dans une situation organisée, où il est lui-même engagé, il engage par son choix l’humanité entière, et il ne peut pas éviter de choisir » ( )  « Les situations historiques varient. . .  Ce qui ne varie pas, c’est la nécessité pour lui d’être dans le monde, d’y être au travail, d’y être au milieu d’autres et d’y être mortel." "Par condition il entendent avec plus ou moins de clarté l'ensemble des limites a priori qui esquissent sa situation fondamentale dans l'univers" (68). "les projets puissent être divers, au moins aucun ne me reste-t-il tout à fait étranger parce qu’ils se présentent tous comme un essai pour franchir ces limites ou pour les reculer ou pour les nier ou pour s’en accommoder.  . . . en conséquence, tout projet, quelque individuel qu’il soit, a une valeur universelle » » (67-69).

La mauvaise foi [« absence de sincérité » Lexilogos]: « Certes, beaucoup de gens ne sont pas anxieux ; mais nous prétendons qu’ils se masquent leur angoisse, qu’ils la fuient ; certainement, beaucoup de gens croient en agissant n’engager qu’eux-mêmes » (28).  « on peut juger un homme en disant qu’il est de mauvaise foi.  Si nous avons défini la situation de l’homme comme un choix libre, sans excuses et sans secours. Si nous avons défini la situation de l’homme comme un choix libre, sans excuses et sans secours, tout homme qui se réfugie derrière l’excuse de ses passions, tout homme qui invente un déterminisme est un homme de mauvaise foi.  . . . La mauvaise foi est évidemment un mensonge, parce qu’elle dissimule la total liberté de l’engagement. » (80-81).[etre engagés :  on s’engage en acceptant que ses choix individuels engagent les autres. 

 Humanisme : « Par humanisme on peut entendre une théorie qui prend l’homme comme fin et comme valeur supérieure. . . Cet humanisme est absurde, car seul le chien ou le cheval pourraient porter un jugement d’ensemble sur l’homme et déclarer que l’homme est épatant. . . . il y a un autre sens de l’humanisme, qui signifie au fond ceci : l’homme est constamment hors de lui-même, c’est en se projetant et en se perdant hors de lui qu’il fait exister l’homme et, d’autre part, c’est en poursuivant des buts transcendants qu’il peut exister,  l’homme étant ce dépassement et ne saisissant les objets  que par rapport à ce dépassement » (90-93).

3.  Que Sartre veut-il dire par la responsabilité, l’engagement, et la mauvaise foi ?